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Fête du Millésime 2007
Quelques membres et amis sont partis en balade à Bandol le dimanche 2 décembre 2007 pour la 26° Fête du Millésime.
Thème de l’année : « Bandol, à la conquête du Monde ! »
Jamais nous n’avions été aussi peu nombreux avec seulement six participants : Marlène (avec son Frère) et Georges AFFERGAN, Elisabeth GAILLARD (accompagnée de Laurent POUSSARDIN), et moi pour ouvrir la marche… En tout début de matinée, après une conduite aisée sous un soleil radieux, nous voici vers neuf heures sur le port de Bandol dans le but de prendre tous ensemble un bon petit déjeuner pour faire le plein d’énergie. Puis à dix heures, après avoir acheté le traditionnel verre souvenir de la Fête, notre dégustation peut débuter. Pour ma part, et contrairement à certains d’entre nous, je n’ai tasté que le Bandol rouge pour rester concentré sur notre but principal de la journée. Mais il faut savoir que pour cette appellation tricolore, ce n’est pas le rouge mais le rosé qui est ici majoritaire, puisqu’il atteint 70% de la production totale. Pour les 1500 hectares de vignes disposées en restanques sur les huit communes qui ont droit à l’appellation, la météorologie qui a façonné le millésime 2007 est davantage caractérisée par un déficit hydrique (peu de pluies et vents marqués) que par une véritable canicule. Comme résultante de cette climatologie exacerbée, pendant les vendanges on a constaté cette année que les grappes de raisin étaient constituées de grains plus petits qu’à l’accoutumée. Ceci a occasionné une production en baisse : 33 hl/ha au lieu des 40 hl/ha autorisés pour l’appellation, dont l’A.O.C. date de 1941.
La dégustation des 2007 est assez déroutante, car malgré une vinification qui tend de plus en plus à produire des vins rouges faciles à apprécier jeunes (mais pourront-ils durer autant qu’il y a 15 ou 20 ans en arrière, et surtout à leur maturité ne seront-ils pas dorénavant moins complexes que par le passé ?), force est de remarquer que pour les 26 producteurs tastés cette année sur leurs stands (la plupart décorés selon le thème de l’année, et disposés sur le port à la queue leu leu), beaucoup n’atteignent même pas la moyenne, selon mes cotations s’entend… Mon préféré, le Château de Pibarnon (altitude de 300 mètres et situé tout en haut de la Cadière d’Azur), est élaboré cette année avec un assemblage de 90% Mourvèdre et 10% Grenache, d’après les dires de son propriétaire, Monsieur le Vicomte Eric de SAINT-VICTOR, que l’on voit à droite sur la photo, discutant avec Georges Affergan.
Mes notes personnelles donnent les résultats suivants (classés selon les notes obtenues et ordre alphabétique pour les exaecos)... : 1° - 14,5 : Pibarnon 2° - 14,0 : L’Olivette 3° - 13,5 : Les Baguiers / Dupuy de Lôme 5° - 12,5 : Bunan / La Cadierenne / La Suffrène 8° - 12,0 : La Laidière / La Tour du Bon 10° - 11,5 : L’Hermitage 11° - 11,0 : La Chrétienne / Lafran-Veyrolles / / Moulin de la Roque / Pradeaux 15° - 10,5 : La Begude 16° - 10,0 : Terrebrune 17° - 9,5 : Domaine de Frégate 18° - 9,0 : Maubernard 19° - 8,5 : Gros Noré / Souviou 21° - 8,0 : La Bastide Blanche / Sainte-Anne / La Vivonne 24° - 7,5 : Caguelou / Val d’Arenc 26° - 7,0 : Pieracci En ce qui concerne le concours local des Longues Gardes, les 3 vins retenus par le jury sont : - Pibarnon – La Cadierenne - La Suffrène -
Il est assez désolant de constater pour cette année difficile, (contrairement à ce qu’annoncent invariablement tous les producteurs), qu’une bonne moitié d’entre eux ne présentent qu’un abominable jus de planche, et que celui-ci sera vendu à peu de chose près au même prix que les vins bien maîtrisés, soit un prix s’étalant actuellement de 11 à 20 € la bouteille en rouge. Pour preuve, à notre repas qui suivit au restaurant « Le Noah », un grand Domaine de Bandol proposé à la « pauvre » carte des vins (dont je tairai le nom par courtoisie…), n’avait absolument aucun arôme ! Puis, sur le port de Bandol, en début d’après-midi on a dégusté à l’Oenothèque une dizaine de vins en bouteilles bouchées des années 2000 jusqu’à 2005, et nous avons pu constater que tous ces vins sont bien moins plaisants que par le passé, à part quelques rares domaines, dont Lafran-Veyrolles et une fois encore Pibarnon qui est le seul à faire preuve depuis une douzaine d’années d’une remarquable régularité… Pour la garde, Pradeaux 2003 commence à décliner, alors que c’était celui qu’on devait autrefois attendre le plus longtemps, parfois même plus de vingt ans avant qu’il ne devienne aimable ! Rassurez-vous : hormis au restaurant, nous avons tous toujours recraché tous les vins.
Puis, nous reprenons nos voitures pour nous rendre au Domaine de l’Estagnol. C’est un tout petit « propriétaire récoltant », situé en bordure de la route de la Cadière, à Saint-Cyr-sur-Mer. Sandrine FERAUD, la jeune et sympathique viticultrice qui a repris en main l’exploitation familiale (c’est la 5° génération), nous transporte par sa fougue communicative et sa passion débordante, et elle nous confie ses choix professionnels… Nous goûtons ses vins de Pays du Var, authentiques et gouleyants. Ceux que nous achetons vont nous être livré à Nice sans frais de port à 4 € la bouteille… Et surtout il y a un Bandol en devenir que nous avons eu le privilège de pouvoir taster (en mélangeant dans nos verres 1/3 de jus de goutte, pour 2/3 de jus de presse) avant son obligatoire élevage de 18 mois sous chêne. Ce breuvage nous a enthousiasmé à telle enseigne que si elle avait accepté de nous le vendre en primeur, nous lui en aurions chacun commandé une caisse, même en acceptant le risque d’un improbable refus d’agrément pour son appellation Bandol ! Il faut dire qu’il se hissait d’emblée au niveau des meilleurs des vins goûtés sur le port en matinée, et c’est une prometteuse prouesse digne d’éloges.
Dernière constatation : chaque année de nouveaux vignerons se mettent à produire du Bandol. Aujourd’hui il y a plus de cinquante domaines, et l’année prochaine ce n’est pas Sandrine qui nous dira le contraire… Puis, après cette journée bien remplie, on a fait tranquilement la route du retour… Notre regret : ne pas avoir été plus nombreux à partager l’amitié qui caractérise nos sorties A.G.C. Compte-rendu et Photos de Richard Baer. par Richard Baer
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