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Le Club AGC en sortie
Sortie à Villars-sur-Var
Comme nous l’avions déjà fait en 2004, le Club A.G.C. s’était donné rendez-vous pour une sortie dominicale dans l’arrière pays niçois… Par une belle journée estivale, à 10 h 30 on s’est retrouvé sur la place du village, à une vingtaine de Membres et sympathisants, à prendre ensemble un petit café. Puis on a rejoint le Domaine du Clos SAINT-JOSEPH… Depuis 1978 Antoine SASSI est l’heureux propriétaire de ce vin réputé issu d’un micro-terroir de seulement 4 hectares étagé entre 300 et 320 mètres d’altitude. Son vin est devenu un must, en partie grâce aux conseils avisés de l’œnologue Elie Brun. M. Sassi nous reçoit avec un grand sourire, et avec un bel enthousiasme, il a tenu à nous expliquer son travail et les spécificités de ses vins… Ici dans cet impressionnant cirque naturel protégé par les sommets qui l’entourent, il n’y a pas d’alluvions, et il n’y a pas d’eau. Les sols composés d’éboulis argilo-calcaires sont très pauvres, et dès le 12ème siècle, la vigne s’adapte bien. Certes, il y avait aussi des oliviers, quelques fruitiers et un peu de jardinage. Le climat est de type montagneux, totalement coupé de l’influence maritime. L’aire d’appellation Côtes-de-Provence à laquelle il est rattaché ne correspond donc en rien à la réalité des vignes, qui ne sont même pas situées en Provence. De fait, c’est le seul Côtes-de-Provence situé dans les Alpes-Maritimes, et non pas dans le Var ou les Bouches-du-Rhône. Ce vignoble désormais réputé hors de nos frontières, bénéficie d’un climat particulier avec des hivers brumeux et rigoureux. Il y a généralement 8 jours de neige par an, et donc une froidure qui occasionne un retard végétatif, lequel met le vignoble à l’abri du gel. Il y a aussi des étés chauds et précoces. Au clos Saint-Joseph, dans cette minuscule zone viticole isolée dans les montagnes, Antoine Sassi produit principalement 6 000 bouteilles en blanc, et 12 000 en rouge. Une des parcelles a encore ses vignes qui datent de 1926 ! Comme on le constate actuellement partout, avec le réchauffement climatique, la végétation est en avance d’un mois ! Les vendanges faites sur le lieu-dit « Plan de Lunelle » (nom donné à cause de sa forme d’arc), sont toujours manuelles. Après voir expliqué toutes les étapes de la fabrication des vins, Monsieur Sassi nous propose de les goûter… Le blanc 2005 a une robe brillante, d’une tonalité dorée marquée, le nez est agréablement fleuri et fruité, dominé par la mirabelle et le menthol, le pin ou résine de pin, les épices… C’est un vin d’été très agréable. L’amertume en fin de bouche est très discrète. Le blanc 2000 présente une robe qui ne montre aucune évolution par rapport à celle du 2005. Mais ici on trouve au premier nez un début d’oxydation, qui part pour laisser place à un merveilleux nez de violettes, du miel, des agrumes, etc. En bouche il a une forte personnalité qui dérange certains et plait énormément à d’autres, dont je fais partie. La petite amertume finale ne gène en rien le plaisir encore présent de ce beau vin. Le rosé 2005 est obtenu par saignée du rouge. Il a une robe brillante de couleur pelure d’oignon. Le nez fin et agréable à un côté amylacé qui fait penser au bonbon anglais, avec de la noix de coco, de la vanille. L’attaque est en délicatesse, le vin est rond et plein en bouche, et il a une bonne persistance aromatique. Le rouge a une robe brillante, d’une intensité moyenne. Il présente un surprenant nez de garrigue, d’olives noires, de réglisse, poivre, menthol, pivoines et violettes. L’attaque est franche, les tanins sont intenses mais d’une très grande finesse de grains, et le vin a de la mâche. L’acidité de ce vin déjà très agréable est marquée, mais sans excès. Elle permettra à ce rouge de bien vieillir. De fait, il a accompagné de bout en bout notre repas de midi, pour notre plus grand plaisir ! Le rouge 1999 présente une robe légèrement tuilée, d’intensité moyenne. Le nez est agréablement foxé, sans excès. L’attaque est franche. On trouve en bouche des petits fruits rouges, griotte et framboise, et une légère amertume en fin de bouche. Un excellent vin ! Pour finir Antoine Sassi nous ouvre un dernier rouge, sans étiquette… Des petits fruits rouges et noirs, poivre, épices, long en bouche… C’est un vin simplement génial, un monument d’équilibre qui offre beaucoup de plaisir, et que l’on aimerait avec des petits farcis et un agneau de Sisteron. Nous pouvons quitter le Clos Saint-Joseph sur la plus belle impression qui soit, non sans avoir préalablement remercié le maître des lieux. Nous allons tous ensemble au restaurant « Les Platanes » sur la place du village. Il est 13 h 15 lorsque nous passons enfin à table… On savait pour y avoir déjà mangé en 2004 que sous le feuillage, l’endroit était bien agréable. On savait que, certes ce n’est pas un lieu étoilé ni même prestigieux, mais que les délicieux plats mitonnés par Simone étaient plus que nombreux et très copieux. Et pourtant quel moment inoubliable que ces 3 heures occupées à se passer et se repasser les plats, qui nous revenaient pleins lorsqu’ils avaient été vidés ! Il faut l’avoir vécu pour le croire… Mais en plus de la générosité, ici c’est l’authenticité de la cuisine « nissarde » qui surprend le plus ! Les plateaux de crudités, les plateaux de charcuteries, les plats de raviolis sauce daube d’une si incroyable finesse que l’on pourrait imaginer être en Italie, les plats de gnocchis si délicats et goûteux dans leur sauce aux champignons, les plats de lapin, les plats de Gigot haricot et pomme de terre, les plats de daube, (ceci sans parler des raviolis qu’on redemandait sans cesse tellement on en avait envie)… Puis arrivent les plats de petits farcis provençaux d’une légèreté fondante… En charmante compagnie, ainsi installés à l’ombre des platanes centenaires, avec une légère brise qui nous rafraîchit idéalement, et bercés du doux chant des oiseaux… un ange passe ! Puis les plats de salade et le plateau de fromages circulent… Mais ça reprend avec les plats de ganses maison, de meringues maison, et surtout des petites parts de tourte de blette à damner un saint : délicates et aériennes, alors qu’habituellement c’est véritablement un dessert « estoufant ». Pour cette friandise le sucre ne dominait pas, et une trace de fleur d’oranger ou d’anis la parfumait discrètement avec génie. Enfin, on nous a proposé un dessert au choix : clafoutis de cerises, îles flottantes, glaces de tous parfums, salades de fruits frais, etc… A 16 h 15 on a eu notre café pour clore en beauté ce repas. En quittant la table, après un tel festin pantagruélique, on a décidé de faire une promenade digestive dans le vieux village, avant que de reprendre possession de nos montures.... Merci surtout aux organisateurs et acteurs de cette sortie. Richard BAER. Photos Philippe SERVAS. par L’Association
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par Richard Baer
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